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Musée Grévin : le musée de cire de Paris

Justin Postlethwaite salue le musée de cire parisien où les figures historiques et les célébrités contemporaines attirent les foules…

Bien que ce ne soit pas tout à fait aussi scanda­leux et gravement criminel que le vol de bijoux au Louvre en octobre 2025, l’enlèvement du sosie en cire d’Emmanuel Macron au Musée Grévin par des activistes écologistes de Greenpeace en juin dernier était tout aussi audacieux.

Selon les policiers, les militants environnementaux étaient entrés dans le musée parisien en tant que touristes, puis avaient changé de vêtements pour se faire passer pour des agents du musée avant de dérober le sosie souriant du président par une sortie de secours, dissimulé sous une couverture. Le mannequin a ensuite été déposé devant l’ambassade de Russie à Paris, en protestation contre l’attitude de Macron envers les entreprises françaises qui continuent à faire des affaires avec la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.

Le mannequin a été laissé pour que la police le retrouve, après une autre séance photo au siège parisien de l’entreprise d’énergie EDF pour protester contre les importations d’énergie russe par la France, et l’histoire a offert au Musée Grévin une promotion gratuite considérable. Davantage de publicité a suivi – cette fois sans doute avec une perspicacité marketing – en novembre dernier lorsque le musée a installé une nouvelle cire de Diana, princesse de Galles, portant une réplique de la célèbre robe dite « robe de la revanche », conçue par Christina Stambolian et portée en juin 1994, peu après que le prince Charles ait publiquement avoué son infidélité.

Photo : Musée Grévin Facebook ©

GALERIE EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Ce musée Grévin, qui a ouvert le 5 juin 1882, continue d’attirer l’attention près de 150 ans plus tard, en grande partie grâce à sa liste sans cesse renouvelée de sosies contemporains reflétant les tendances dans les domaines du cinéma, de la pop et du sport, qui côtoient des figures historiques de la politique et des sciences (il a accueilli Marie Curie l’année dernière). L’approche est tout sauf élitiste — elle est populiste (il reçoit jusqu’à 900 000 visiteurs par an), avec des ajouts récents notamment l’influenceuse française Léna Situations en décembre 2024. Il y a pléthore d’occasions de prendre la pose, tout le monde, du rappeur GIMS à Marie-Antoinette, posant pour un selfie, sans aucune plainte. Environ 200 figures en cire sont exposées à un moment donné.

Des innovations interactives récentes basées sur des événements historiques donnent au musée une véritable saveur contemporaine, avec la possibilité pour les visiteurs de peindre dans la Grotte des Homo Sapiens ; de combattre aux côtés de Vercingétorix; de participer au Conseil de guerre de Napoléon Bonaparte; et de prendre part à une défilé avec le Général de Gaulle.

Photo : Musée Grévin Facebook ©

Le bâtiment qui abrite le musée, au 10, boulevard Montmartre, ajoute encore à l’attrait des visiteurs, avec notamment un grand escalier en marbre; un théâtre de style italien construit en 1900 par l’architecte Gustave Rives; la célèbre Salle des Miroirs, réalisée par Eugène Hénard pour l’Exposition Universelle de 1900 (elle fut transférée du Trocadéro au Grévin en 1906) ; et le Dôme et la Salle des Colonnes, une structure baroque d’Esnault-Pelterie, tous resplendissant de dorures et de mosaïques, créés en 1882 pour abriter les premiers personnages en cire célèbres.

Tout cela est l’œuvre d’Arthur Meyer, journaliste et fondateur du quotidien Le Gaulois, qui avait l’idée de montrer à ses lecteurs les personnes qui faisaient les gros titres (à l’époque, la presse n’utilisait pas de photographies) en 3D. Il fit appel au caricaturiste, designer de costumes de théâtre et sculpteur Alfred Grévin, qui devint si intimement lié au projet que son nom fut placé au-dessus de la porte.

Alors que la liste des visages célèbres est en perpétuelle évolution, une chose n’a pas changé – la cire d’abeille naturelle est toujours utilisée pour réaliser les figures, car, affirme le musée, « sa texture est étonnamment proche de l’apparence de la peau humaine et elle conserve sa forme au fil des années, sans jamais rétrécir ni changer de couleur. »

www.grevin-paris.com/en

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Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.