Les caméras ne montrent pas habituellement ce qui se passe dans les coulisses, c’est‑à‑dire en dehors des terrains. Or, il existe des chemins qui ressemblent à la rue Preciados pendant Noël. Et je n’exagère pas. Des hordes de fans avancent d’un même pas pour entrer dans l’un des 18 courts. Des bénévoles, des policiers et même du personnel de la Royal Navy s’occupent de mettre de l’ordre et de la coordination. Le mieux est d’y aller en tribune, comme c’est le cas sur le Centre Court, où les célébrités apparaissent presque toujours, que ce soit le toujours présent David Beckham ou Bad Bunny, qui a partagé l’oxygène avec moi ce lundi 29 juin à Wimbledon. Et moi sans le savoir. Mes efforts étaient mis à essayer d’entrer pour profiter de Jódar, qui était en train de conquérir le Court 3. Je ne l’ai pas vu. Car bien sûr, comme on n’est pas fan, on apprend tard que la majorité des humains achètent un billet général et cela implique de faire la queue pour chaque court, attendre son tour, comme à la poissonnerie, en priant que quelqu’un veuille quitter le match avant qu’il ne se termine. Car ici entrent ceux qui sortent une fois que les tribunes, qui s’avèrent assez petites, se remplissent, compte tenu du fait qu’environ 50 000 personnes foulent ce sol chaque jour. Pas de chance, bien sûr. Après la nouvelle promesse du tennis espagnol, Ruud jouait. À peine y avaient‑ils des fans de tennis qui seraient arrivés à l’heure, auraient trouvé une place et seraient restés immobiles pendant plusieurs heures. Comme l’aurait faite ma mère.
J’ai alors décidé de retourner à ma place réservée sur le Court 1. Car, en réalité, je suis en train de me plaindre par pur plaisir. Là se trouvait, profitant du prochain affrontement. Un classique : Marin Čilić contre Daniil Medvedev, le premier « très bon, mais il commence à vieillir », me disait par l’interphone ma mère. Coup droit ici, coup droit là. Un « out », point, set, match. Pendant ce temps, Sinner, numéro un mondial, transpirait à grosses gouttes pour un match éliminatoire qui, au final, a gagné.
Le premier lundi du tournoi est une journée plutôt chouette, m’avait‑on dit. Ce sont les premiers tours et, bien sûr, tout le monde joue. Mais le meilleur, sans aucun doute, était l’ambiance. À vrai dire, je ne m’attendais pas à l’esthétique résolument festive de la « Colline », où les gens s’asseyent sur la pelouse pour prendre sans se presser le plat emblématique de Wimbledon : des fraises à la crème.
