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Défi au patriarcat : Des femmes qui ont défié la mode à Paris au XIXe siècle

Les vêtements ont toujours reflété la société dans laquelle ils sont portés, mais en Europe au XIXe siècle, ce qu’une femme choisissait de porter pouvait aussi remettre en question le monde qui l’entourait. Alors que les pantalons, les vestes taillées et d’autres vêtements traditionnellement masculins s’intégraient dans la garde-robe féminine, ils déstabilisaient les idées établies sur la féminité, la respectabilité et la place d’une femme dans la vie publique.

Au Palais Galliera, musée de la mode de Paris, l’exposition A Wardrobe of One’s Own: Dissident Femininities in the 19th Century explore les femmes qui ont franchi ces frontières vestimentaires, révélant comment des codes masculins ont pu devenir un moyen de négocier l’identité, l’indépendance et le changement social.

Belle Jardinière, Trois silhouettes d’Amazones, vers 1890 CC0 Paris Musées, Palais Galliera

Réunissant plus de 500 œuvres, l’exposition s’intéresse à la façon dont les femmes en France et dans les pays de l’aire anglo-saxonne se sont approprié des éléments des codes masculins, en les plaçant dans le cadre des transformations sociales et culturelles plus larges de l’époque. Des vêtements et des accessoires sont présentés aux côtés de peintures, de photographies et d’affiches de mode, offrant une vision plus riche des manières dont les vêtements pouvaient remettre en question les conventions.

Au-delà de la garde-robe conventionnelle

Habits à cheval, pantalons, costumes taillés, cravates, nœuds papillon et hauts-de-forme illustrent les différentes façons dont les femmes intégraient des styles masculins à leur garde-robe. Pour certaines, ces choix étaient liés à des activités sportives et aux exigences pratiques de la vie quotidienne. Pour d’autres, ils reflétaient des luttes sociales plus larges ou offraient un moyen d’exprimer des identités qui sortaient des normes acceptées.

Éditions A. Bergeret et Cie, Nancy, Women of the Future: Doctor, Student, Member of Parliament, Coach Driver, © Masduraud-Urrea Collection

L’exposition invite les visiteurs à considérer comment ces codes masculins de l’habillement remettaient en cause les conventions sociales du Paris du XIXe siècle, offrant aux femmes de nouvelles façons d’exprimer leur identité et de remettre en question les attentes qui pèsent sur elles.

De George Sand à la Paris artistique et lesbienne vers 1900

Parmi les figures historiques présentées figurent l’écrivaine George Sand, la peintre Rosa Bonheur et Natalie Clifford Barney, aux côtés de Marie-Antoinette et de plusieurs personnes moins connues. Ce qui liait ces choix était leur potentiel à remettre en cause les associations conventionnelles entre les vêtements et la féminité.

B. S., Chicago, Zola Davis et Esther Carnes en costumes marins, vers 1905–1909 © New York, Lesbian Herstory Archives

L’exposition s’appuie également sur une collection de photographies amateurs, longtemps inédite, qui élargit le récit et permet d’intégrer une plus grande variété de femmes à l’histoire. Ces images étendent le focus au-delà des noms célèbres, offrant des aperçus d’individus dont l’expérience risquait sinon de rester absente des histoires de la mode conventionnelles.

Une autre piste explore les pratiques vestimentaires associées à la scène Paris-Lesbos à la fin du XIXe siècle. Là, les vêtements prennent une signification particulière en tant que moyen d’exprimer des identités minoritaires et de naviguer dans une société aux attentes rigides quant au genre et au comportement.

Il n’existait pas une raison unique pour que les femmes adoptent des codes masculins. La praticité, l’expression personnelle, les activités sportives et la résistance sociale jouent toutes un rôle. Ce qui reliait ces choix, c’était leur potentiel à remettre en cause la relation acceptée entre les vêtements et la féminité.

Paletot, chemise et jacquette à brandebours de Rosa Bonheur, vers 1890–1899. © By-Thomery, Château de Rosa Bonheur

Des vêtements qui défiaient les conventions

En réunissant vêtements et images, A Wardrobe of One’s Own offre une perspective nouvelle sur la mode du XIXe siècle, révélant comment les vêtements pouvaient devenir un moyen de remettre en question les conventions et d’exprimer l’individualité.

Anonyme, Rosa Bonheur et Anna Klumpke dans l’atelier du château de By, février © By-Thomery, Château de Rosa Bonheur

L’exposition invite les visiteurs à considérer comment les codes masculins de l’habillement ont remis en cause les conventions sociales du Paris du XIXe siècle, offrant aux femmes de nouvelles façons d’exprimer leur identité et de remettre en question les attentes qui pèsent sur elles.

Planifiez votre visite

Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle est présenté au Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, 10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie, 75116 Paris, du 26 septembre 2026 au 14 février 2027.

Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec une ouverture tardive jusqu’à 21h les vendredis. Les billets coûtent 14 € en tarif plein et 12 € en tarif réduit. La réservation en ligne est recommandée.

Pour de plus amples informations et billets, consultez le site du Palais Galliera.

Crédit photo principale : Imprimerie Deckherr, Montbéliard, Major Fight between Husband and Wife to Know Who Shal Wear the Pants and Lead the Household, between 1813 and 1837 CC0 Paris Musées, musée Carnavalet – Histoire de Paris

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.