Paris s’est réveillée dimanche avec un titre alarmant : le musée du Louvre, le musée le plus visité au monde, venait d’être cambriolé.
À peine une demi-heure après l’ouverture de ses portes ce dimanche, des voleurs auraient pénétré dans la Galerie d’Apollon – la grande salle dorée qui abrite ce qu’il reste des joyaux de la Couronne française – et dérobé des bijoux que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifiés « d’une valeur patrimoniale inestimable ». On pense qu’ils sont entrés en fracturant une fenêtre accessible via un monte-charge sur un camion à l’extérieur du bâtiment. Ils se seraient ensuite rendus dans la galerie, auraient forcé les vitrines et se seraient enfuis à scooter dans les rues de Paris au petit matin. Le Monde a rapporté que le cambriolage n’a duré que sept minutes au total. Les autorités indiquent qu’une des pièces volées a été retrouvée abandonnée près du Louvre peu après le vol – une couronne du XIXe siècle appartenant autrefois à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Les suspects restent en fuite alors qu’une opération de police se poursuit à travers Paris. Personne n’a été blessé, mais le Louvre a été fermé pour la journée, et la perte a résonné bien au-delà de ses murs dorés.
Ce n’est pas la première fois que le musée subit un vol. Le vol le plus célèbre, bien sûr, a eu lieu en 1911, lorsque la Mona Lisa a disparu. Un matin, le personnel arriva pour constater que le petit tableau avait été retiré de son cadre. Le coupable, Vincenzo Peruggia, était un ouvrier italien qui travaillait au musée. Il a caché le tableau sous son manteau et l’a gardé caché pendant deux ans, avec pour motif de rapatrier ce trésor italien. Lorsque le tableau a été retrouvé à Florence, il est revenu à Paris non seulement intact, mais transformé – désormais l’œuvre d’art la plus reconnue au monde. Ironiquement, c’est sa disparition qui a assuré sa renommée mondiale.

Puis, en 1976, un trio de voleurs a escaladé les échafaudages situés à l’extérieur du musée, a franchi une fenêtre et s’est emparé d’une épée incrustée de diamants, autrefois utilisée lors du sacre du roi Charles X en 1824. L’arme n’a jamais été retrouvée.
Le Louvre a connu un autre vol, plus mystérieux, en 1983. Le 31 mai 1983, deux pièces d’armure ornées du XVIe siècle ont disparu de la collection du musée – un casque et une cuirasse fabriqués à Milan et donnés au musée par la famille Rothschild. Comment les voleurs se sont échapés n’a jamais été révélé, et les pièces sont restées manquantes pendant près de quarante ans. Elles réapparurent en 2021, lorsqu’une famille de Bordeaux a demandé à un expert d’évaluer une collection héritée ; il a reconnu l’armure et a alerté la police, qui a confirmé qu’elle correspondait à des pièces répertoriées dans la base nationale française des artefacts volés.

En 1998, un petit paysage de Jean-Baptiste-Camille Corot intitulé « Le Chemin de Sèvres » a été volé directement du mur. Ce vol a conduit à une amélioration significative de la sécurité du musée. C’était le vol le plus récent avant ce week-end.
Ce qui rend le Louvre si vulnérable, paradoxalement, est aussi ce qui le rend extraordinaire : l’ouverture. C’est un musée d’accès public. Des millions de personnes franchissent ses portes chaque année, attirées par la promesse de proximité avec ces grandes œuvres – pouvoir se tenir face au génie. Cette ouverture porte un risque, mais aussi une raison d’être. Le vol peut momentanément enlever un objet, mais il ne peut pas effacer les récits et le savoir-faire qui remplissent les halls du Louvre.
Crédit photo principal : Wilfredo Rafael Rodriguez Hernandez, CC0, via Wikimedia Commons
Pierre Le Blanc