L’identité d’un grand hôtel réside, en général, dans l’exécution sans accroc de ses routines dès le moment où vous effectuez l’enregistrement jusqu’au départ. Bien qu’il soit toujours agréable d’un peu de discrétion, ce qui demeure généralement gravé dans la mémoire des visiteurs, ce sont les fioritures et les excès. Il peut s’agir de la boisson avec laquelle on vous accueille après une journée éreintante d’avion pour atteindre la destination, ou du plancher chauffant de la salle de bains qui vous maintient au chaud après la douche pendant que vous vous occupez de votre routine de soins de la peau. Lorsque un hôtel maîtrise tous ces petits détails, il est d’autant plus déconcertant de le voir commettre ce qui semble être une faute gravissime. Et peut-être que vous l’avez vu maintes fois dans l’ascenseur en direction de votre chambre, à un étage élevé, où vous cherchez le bouton de votre étage et quelque chose vous déplaît, jusqu’à ce que vous identifiiez ce qui cloche: il n’y a pas de bouton 13.
Et cela ne se produit ni une fois ni deux: il n’y a pas d’étage 13 dans de nombreux hôtels, même si le nombre d’étages est bien plus élevé. Et une fois que vous le voyez dans des hôtels, vous commencez à voir que cela se produit aussi ailleurs: dans des immeubles résidentiels, dans de très hauts gratte-ciel; jusqu’aux plateformes de réservation des compagnies aériennes comme Air France, KLM, Lufthansa, Ryanair, Singapore Airlines et United Airlines. Pourquoi cela arrive-t-il?
En un mot : superstition. Comme le dit la chanson de Stevie Wonder, il y a quelque chose de profondément menaçant dans un bébé de treize mois, un mauvais augure équivalent à celui d’une échelle qui vous tombe dessus ou d’un verre qui se brise. Il se peut que le chanteur n’ait pas trouvé une bonne rime pour triscaïdécaphobie, le nom scientifique de la peur du chiffre 13, mais il a su dépeindre à la perfection cette terreur que suscite chez bon nombre de personnes l’apparition de ces deux chiffres.