C’est une chaude après-midi de juin et le centre de Poitiers fourmille de touristes, de visiteurs et de gourmands. Pourtant, malgré toute l’animation, une atmosphère détendue règne. Entre les restaurants, les cafés et les boutiques, un marché propose des produits fermiers frais, allant des truffes noires au fromage et au vin, ainsi qu’une multitude de livres et de disques vinyles.
Je me fraye un chemin à travers le marché jusqu’à Notre-Dame La Grande, souvent décrite comme l’une des plus belles églises romanes de France. Plus qu’un simple édifice de briques et de pierres, c’est comme visiter une galerie d’art en plein air. Je reste émerveillé avec d’autres devant la riche façade ouest finement sculptée – un chef-d’œuvre d’art religieux qui semble rayonner sous le soleil de l’après-midi. Malheureusement, je n’ai pas pu entrer dans l’église en raison des travaux de restauration qui se poursuivent jusqu’à l’année prochaine, mais il y avait encore beaucoup à voir. La façade raconte les récits de la Bible, ses sculptures détaillées sont tout simplement à couper le souffle; il n’est pas surprenant que ce joyau du Xe siècle soit l’une des églises les plus célèbres d’Europe.
Le palais voisin des Ducs d’Aquitaine peut retracer ses racines jusqu’au IXe siècle. Le premier château de pierre fut construit au XIe siècle et devint le siège du pouvoir des Comtes de Poitou et des Ducs d’Aquitaine. Au XIIe siècle, le palais fut le foyer d’une des femmes les plus puissantes de l’histoire européenne : Éléonore, duchesse d’Aquitaine, reine de France puis reine d’Angleterre et mère de Richard Cœur de Lion. C’est sous le règne d’Éléonore que la grande salle cérémonielle, la Salle des Pas Perdus, fut ajoutée. Le palais fut aussi le cadre de l’interrogatoire de Jeanne d’Arc en 1429, lorsque des théologiens et des savants furent convoqués pour vérifier ses visions divines avant qu’elle ne soit autorisée à mener des troupes contre les Anglais. Une statue sur la Place des Cordeliers honore sa mémoire. Aujourd’hui, le palais est devenu un lieu de rencontre inhabituel pour des amis et des couples qui prennent le temps de contempler les trois cheminées colossales sculptées d’anges dans la Salle des Pas Perdus.
Art et histoire
Une balade dans la Grand Rue tisse ensemble une variété de fils architecturaux et culturels : elle est bordée de maisons à colombages et de façades en pierre qui furent autrefois habitées par le clergé, la noblesse et ceux qui façonnaient l’histoire civique de la région. Aujourd’hui, l’odeur du café fraîchement torréfié domine et le quartier a un esprit jeune (près d’un habitant sur deux a moins de 30 ans dans cette ville étudiante). Les directeurs de vitrines s’affairent avec énergie sur les dernières tendances, il y a une boutique de disques bien achalandée remplie de raretés françaises et une usine parapluies qui existe depuis 130 ans. Vous ne pouvez pas manquer l’éventail coloré de parapluies à La Fabrique de Parapluies François, le petit atelier et boutique qui a reçu le label Entreprise du Patrimoine Vivant.
À quelques pas, se trouve le Musée Sainte-Croix. Conçu par l’architecte Jean Monge et construit en 1974, le bâtiment Brutaliste en acier et verre accueille une collection fascinante d’artefacts et de peintures religieuses, ainsi que la sculpture en bois La Grande Ghoul de Jean Gargot, un dragon mythologique qui remonte à la légende de Sainte Radegonde, fondatrice de l’abbaye Sainte-Croix, sur le site où est construit le musée.
Des visiteurs du monde entier viennent admirer la collection de dix sculptures de Camille Claudel, la troisième plus grande collection publique d’œuvres de l’artiste au monde.

Poitiers borde deux rivières (le Clain et la Boivre) et est entourée d’une campagne verdoyante. La cité médiévale de Chauvigny, à trente minutes en voiture, est le point de départ de notre voyage en VéloRail. Ma femme, mes deux enfants et moi profitons d’une promenade enchantée le long de la voie sur ce qui sont essentiellement des vélos-rames, autrefois utilisés pour l’entretien à l’époque d’or des chemins de fer, à travers la forêt, les carrières et les ponts, avec des vues à couper le souffle, notamment la Tour Gouzon et le Château du Évêque (plus à propos dans un instant). Bien que cela demande un peu d’effort, le trajet de retour offre une glissade exaltante en descente.

Une autre activité adaptée aux jeunes est Les Géants du Ciel, un spectacle d’oiseaux en plein air dans les ruines atmosphériques du Château du Évêque, l’un des cinq forteresses médiévales regroupées autour de Chauvigny. Dans les terres d’un amphithéâtre romain en plein air, un éventail d’oiseaux colorés, exotiques et gracieux plonge au-dessus de nos têtes, déjouant parfois nos chapeaux. Les fauconniers élèvent des vautours, les cigognes offrent une performance balétique et les perruches se roulent comme des artistes de cirque.
Nous sommes attirés par le Gouzon Dungeon, une tour médiévale restaurée, partie d’un château du XIe-XIIe siècle en ruine, qui sert aujourd’hui de musée d’archéologie industrielle. Présentant des expositions remontant à l’époque romaine et néolithique, il est facile d’y passer une heure à explorer l’art, l’architecture et l’histoire qui ont façonné la région, mais si vous manquez de temps, ne manquez pas le trajet en ascenseur de verre jusqu’à la terrasse sur le toit, où vous pourrez profiter d’une vue à 360 degrés sur les vallées verdoyantes et la campagne luxuriante.
L’avenir avec une touche futuriste
Quittons le passé et dirigons-nous vers Futuroscope, le plus ancien parc à thème de France, où nous logeons dans des cabanes éco-responsables en bois, en regardant les étoiles et en nous réveillant au chant des canards. Après un petit-déjeuner composé de viennoiseries et de café, livré dans un panier, nous empruntons le chemin menant au parc à thème, qui paraît presque onirique, avec des papillons, des fleurs et des sculptures colorées.

Depuis son inauguration en 1987, les attractions novatrices de Futuroscope fascinent les visiteurs de France et d’ailleurs avec des cinémas en 4D, des expériences de réalité virtuelle et des spectacles interactifs. Pour les voyageurs qui ne veulent pas vivre quelque chose d’aussi intense, il existe aussi de nombreuses options. Mon trajet le plus audacieux est la nouvelle attraction, Mission Bermudes, une aventure aquatique adaptée à toute la famille. La maison à l’envers confère une sensation presque « Stranger Things » tout en offrant une perspective très différente sur le quotidien. Si vous voulez faire une pause café, essayez-la à 145 pieds dans les airs à bord de La Gyrotour tout en profitant de la vue spectaculaire à 360 degrés (mais peut-être pas si vous souffrez de vertige). Le parc propose également une expérience de cocktail charmante, avec La Bar Des Pilotes présentant diverses références cinématographiques subtiles. J’y goûte un Boulevardier, un cocktail parisien obscur remontant aux années 1920, et je découvre que c’est une variante rafraîchissante du Negroni, bien connu.
En harmonie avec le thème futuriste, le restaurant Space Loop est une montagne russe culinaire qui envoie vos plats sur des rails et vous pouvez voir votre repas filer dans les airs avant qu’il n’atterrisse devant vous. Mes enfants s’enquillent le burger bleu (avec un petit pain bleu), et bien que cela ne plaise pas à tout le monde, c’est la première histoire qu’ils racontent lorsqu’on leur demande ce qu’ils gardent de Poitiers à leur retour. Il semble que rien des 2000 années d’histoire ne puisse détrôner la légende du burger et du petit pain bleus.
POITIERS INDISPENSABLES
COMMENT S’Y RENDRE
Par l’air – Des vols directs vers l’aéroport Poitiers-Biard (PIS) depuis Londres Stansted et Édimbourg.
En train et en voiture – Depuis Paris-Montparnasse, 1h15 en TGV et un peu plus de 4h sur l’autoroute A10. Depuis Bordeaux, 1h par TGV ou 2h30 en voiture sur l’A10.
En ferry et voiture – Prenez le ferry de Douvres à Calais puis l’A16 jusqu’à Pans et rejoignez l’A10 vers Poitiers. Le temps de trajet est d’environ 6h37.
OÙ FAIRE DES ACHATS
Le Passage des Cordeliers mêle histoire et modernité dans une ancienne chapelle qui abrite 36 boutiques. C’est la destination shopping numéro un du quartier en plein cœur de Poitiers et un endroit idéal pour faire une pause glace lors d’une chaude journée.
OÙ SE LOGER
L’Hôtel de l’Europe est un hôtel convivial et familial situé au centre-ville, où l’on peut s’attendre à un accueil chaleureux de la part de la directrice d’hôtel, Catherine. Les produits du petit-déjeuner proviennent d’une ferme locale et comprennent des œufs brouillés, des pâtisseries et des confitures.
hotel-europe-poitiers.com
OÙ MANGER
Juste en face de l’hôtel. Le Bistro de l’Absynthe comblera les gourmets de cuisine française. Les escargots constituent un excellent prélude et le steak rare est sanglant mais délicieux.
Vous cherchez quelque chose de plus dans le même esprit ?
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *