Il est né à Madrid en 1934 sous le nom de Jacinto Molina. Mais le monde le retiendra sous le nom de Paul Naschy, le nom de scène qu’il choisit lorsqu’il fut le protagoniste de son premier film, La marque de l’homme-loup (Enrique López Eguiluz, 1968), dont il signait déjà le scénario lui-même. Là, il incarna pour la première fois Waldemar Daninsky, un homme tourmenté par la malédiction de devoir se transformer en homme-loup chaque nuit de pleine lune.
Il finirait par reprendre le rôle de loup-garou à quatorze reprises, ce qui lui vaudrait le surnom de « le Lon Chaney espagnol ». Champion de haltérophilie, son physique lui donnait la carrure pour incarner aussi d’autres monstres de l’horreur classiques tels que le Comte Dracula, M. Hyde, la Momie ou le Bossu. C’était l’époque dorée du fantaterror, un sous-genre produit en Espagne mais principalement consommé à l’étranger (où l’on pouvait contourner la censure) et qui imitait essentiellement les productions d’horreur d’Universal et de Hammer, avec des budgets réduits, des filles peu vêtues et beaucoup d’audace.
L’exposition
À l’occasion du 45e anniversaire d’Le retour de l’homme-loup et du 55e anniversaire de La Nuit de Walpurgis, deux de ses films les plus mémorables, le CEART (C/ Leganés 51, Fuenlabrada, Madrid) inaugurait, le mois dernier, l’exposition Le loup-garou et les péchés capitaux. Le cinéma de Paul Naschy. On peut la voir gratuitement les vendredis (de 17h à 21h), les samedis, dimanches et jours fériés (de 11h à 14h et de 17h à 21h) jusqu’au 1er novembre prochain.
Curatée par le cinéaste et écrivain Víctor Matellano, elle réunit tout type de costumes, affiches, scénarios originaux, photos, panneaux explicatifs, accessoires et effets spéciaux tirés de la filmographie de Molina. Une attention particulière est portée à ses films de licantropes: « Les loups-garous au cinéma naissent comme réponse à la peur humaine face aux guerres, l’homme contre l’homme, la dualité humaine. Et revenir au cinéma de Paul Naschy, à Le retour de l’homme-loup, c’est retracer sa démarche pour raconter les peurs de l’homme à travers le cinéma de genre », explique Víctor dans le dépliant distribué à l’entrée.
Un écran diffuse en boucle un documentaire sur Naschy. Bien que le plus frappant soit la figure hyperréaliste grandeur nature qui se trouve au fond, où l’on pourra prendre une photo aux côtés du célèbre homme-loup Waldemar Daninsky.