Durant le séjour, il était impossible de ne pas croiser Corso, l’un des propriétaires, à plusieurs reprises. Un jour, il nous faisait visiter la propriété accompagné de son chien; un autre fois, on le voyait partager un verre de vin avec quelques clients ou régler une affaire de l’hôtel assis près de l’entrée. Le voir évoluer sur la propriété donnait facilement envie de comprendre comment tout avait commencé.
Dans les années 80, ses parents, Carlo et Aurora Baccheschi Berti, partageaient leur temps entre Milan et Bali, où ils travaillaient avec des meubles, des textiles et des objets qu’ils ramassaient au cours de leurs voyages. Lorsque leur chemin croisa les ruines d’une ancienne forteresse de la République de Sienne, ils décidèrent de s’installer ici et de consacrer des années à redonner vie au château. Peut-être est-ce pour cela qu’il conserve encore cette sensation de foyer. Après tout, Corso et ses deux frères, Brando et Neri, ont grandi ici bien avant qu’il ne devienne un hôtel.
Pour atteindre la pergola où l’on sert les petits-déjeuners, il faut traverser la cuisine. Quelqu’un échange une remarque depuis les fourneaux, un couple revient de la piscine et une musique italienne joue en fond. Il y a du mouvement dans tous les coins et, plus qu’un hôtel, on a la sensation d’être entré dans une maison particulièrement grande.
À la tombée de la nuit, la scène change. Les tables de La Terrazza apparaissent disséminées sur la pelouse, avec des nappes blanches impeccables et des vues ouvertes sur la Maremme. Tout semble être une célébration, bien que personne ne semble célébrer quoi que ce soit en particulier. Juste un dîner ordinaire, une bouteille de vin du domaine et le soleil qui tombe peu à peu sur le paysage.
Depuis Castello di Vicarello il est facile de s’approcher de certains des noms qui ont fait la renommée de la Toscane. Montalcino, terre du Brunello, se trouve à un peu plus d’une demi-heure en voiture. Entre deux arrêts apparaissaient de petites églises, des vignobles familiaux, des villages presque désertés et des routes secondaires où la seule décision importante était celle sur quelle terrasse s’arrêter pour prendre un café.