Des filles yéyé à Carnaby Street, du Situationisme au World’s End à Chelsea, Londres et Paris ont longtemps entretenu une relation culturelle symbiotique, souvent négligée.
À Londres, on pense à Soho, et à des lieux emblématiques tels que Ronnie Scott’s, Ain’t Nothin’ But, et Cafe Boheme. La vie culturelle de Londres est tellement souvent définie par son passé « swinging », et pourtant, une grande partie du caractère de la ville doit ses origines à ses liens et à son histoire française.
En me promenant sur les rues pavées, je suis ramené en arrière dans le temps.
À l’aube des années 50, Soho devint le centre beatnik de Londres. D’abord, il y eut Le Macabre, une rumeur désormais culte dans Wardour Street: des tables en forme de cercueils, des performances de poésie, des danses jive et des débats politiques à la manière de la Rive Gauche. L’existentialisme, en effet.
Paris s’est insinué dans les jeunes et branchés de Soho, préparant le terrain à un véritable bouleversement de la jeunesse.
Mais cette relation entre Londres et Paris remonte à bien plus loin. À partir de 1680, une migration massive de huguenots français s’est installée à Soho, au point que l’historien William Maitland écrit qu’il était « facile pour un étranger de s’imaginer en France ».
En se promenant de Covent Garden jusqu’à Chinatown, on pouvait ressentir la même chose.
Vous pourriez passer devant le thé jasmin perle des Mariage Frères, ou devant la façade vert jade de l’Escargot, en activité depuis 1927. Le célèbre Kettner’s, fondé en 1867 par le chef d’Auguste Kettner sous Napoléon III, est toujours debout, bien que coopté par Soho House.
Dean Street, également bâtie dans les années 1680 par des immigrants français, devint rapidement un centre des arts, hanté par Bacon, Freud et Auerbach.

Clive Jennings a décrit le « Dean Street shuffle » de la zone entre The French, The Coach & Horses et The Colony, avec des incursions vers The Gargoyle, The Groucho et Blacks. Cela me mène au salon littéraire.
Bien que le concept ait des racines en Italie, j’affirmerais que ce sont les mouvements littéraires français des XVIIe et XVIIIe siècles qui ont vraiment fait du salon une exportation mondiale.
Cette riche histoire du café-boutique et d’un cercle féerique entourant des bistrots à la parisienne est devenue un terreau fertile pour une renaissance de la forme et de l’événement. La France a transformé le salon italien original en export culturel, quelque chose de portable et d’influent.
Elle a peut-être atteint son apogée au cours des XVIIe et XVIIIe siècles en France, mais elle partage de fortes similitudes avec une grande partie de la vie nocturne et de la scène littéraire actuelle de Londres.
L’accent est mis sur l’échange littéraire, la performance sociale et le débat intellectuel. Les soirées interdisciplinaires sont également populaires ; les poètes pourraient répondre en direct à des peintures, ou des expositions pourraient collaborer avec des parfumeurs sur une base sur mesure.
Ces rassemblements brouillent souvent les frontières entre le public et les participants, les lectures étant accompagnées des cris ravis ou des critiques du public.
Qu’il soit caché dans une Drawing Room de la Royal Academy, ou dans la cave d’un Boxing Club, la tradition du salon est vivante, entre conversations littéraires et gin servi depuis des glacières.
La Soho Reading Series a été abondamment évoquée, tandis que d’autres événements populaires tels que Deleted Scenes, ou Adult Entertainment s’inspirant souvent des traces sordides laissées par les années passées.
Ces salons sont des lancements de livres, des lectures littéraires et des symposiums, avec des événements associés comme Lost Property proposant des conférences.
Soho n’organise pas ces événements par hasard. Son héritage français en fait un terrain fertile pour ce type de rassemblements. Il existe, sans doute, une sorte de mémoire culturelle qui demeure, de la Greek Street à Wardour Street.
Même de manière indirecte, les motifs se répètent, avec la vie intellectuelle londinienne qui s’enracine dans la vie nocturne d’une manière résolument parisienne.
Que dit cette renaissance sur Londres aujourd’hui ? Peut-être une réaction à l’aliénation numérique, ou un désir plus simple d’échanges culturels en personne.
Il y a aussi à dire sur Londres post-Brexit qui s’éloigne du reste du Royaume-Uni, poursuivant une lignée culturelle européenne qui pousse à la pollinisation et au mélange plutôt qu’à l’isolement.

Une soirée à Soho ressemble désormais à une tradition vieille de plusieurs siècles. En assistant à l’une des soirées originales de Soho Reading, il y a quelque temps, chez Black’s, je me souviens d’être entré dans le bâtiment, mêlant murs bleu-vert foncé et sellerie en cuir. J’ai écouté des poèmes de réception classique qui me faisaient penser à Racine, et lorsque les planches craquaient sous mes pas, si j’avais fermé les yeux, j’aurais pu être assis sur le sol d’une pièce rue de Richelieu.
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Crédit photo principal : Photo : Tamsyn Chandler ©
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