Image placeholder

Gironde : ce village secret abrite un trésor patrimonial époustouflant à découvrir d’urgence

Dans le calme vallonné de l’Entre-deux-Mers, un hameau de Saint-Félix-de-Foncaude abrite un trésor que l’on découvre presque par surprise. À flanc de coteau, le castrum de Pommiers dévoile ses remparts et ses silences, comme un livre d’histoire entrouvert. L’on y marche entre pierres et vignes, porté par un souffle médiéval encore très présent. L’endroit est à la fois majestueux et intime, et son charme discret invite à ralentir. On repart avec cette sensation de privilège, celle d’avoir touché un secret.

Aux portes de l’Entre-deux-Mers, un castrum révélé

Né sans doute au XIe siècle, le site raconte mille ans de pouvoirs et de réinventions. Les murs, dont certains dominent la petite Vignague, ont vu vivre jusqu’à 400 habitants à l’abri de leurs défenses. Longtemps abandonné, le castrum a trouvé un nouveau destin grâce à la famille Piva, devenue propriétaire en 1989. Leur engagement a redonné de la vie et du sens à ce paysage d’ancienne forteresse.

Le castrum de Pommiers, un ensemble médiéval à l’allure **impressionnante**. © Gaël Arcuset / Le Républicain

Des vestiges qui parlent encore

Sur place, on franchit les deux portes dites de La Réole et de Sauveterre, témoins d’un axe jadis stratégique. Il faut imaginer un chemin majeur, où l’on contrôlait passages, marchés et influences. Au XIIIe siècle, la famille de Pommiers s’affirme sous l’ombre de la couronne d’Angleterre, devenant l’une des plus puissantes entre La Réole et la Dordogne. Les destructions de 1303 n’ont pas éteint cette puissance: l’enceinte fut reconstruite, et la silhouette du lieu demeure éloquente.

On lève la tête vers la tour sud, haute d’environ 18 mètres, qui a gardé son allure de donjon. Les murs, autrefois proches de dix mètres, donnent la mesure d’une architecture résolument défensive. Plus loin, la chapelle rebâtie au XIXe siècle rappelle la continuité du sacré: elle reste consacrée, et des offices peuvent encore y être célébrés.

« On a vraiment l’effet “wahou” quand on la découvre, car on ne la devine pas de l’autre côté. On ne s’imagine pas qu’on va voir ça. » — Philippe Corriols

Visiteurs sur le chemin de ronde du castrum de Pommiers
Sur le chemin de **ronde**, une plongée dans la **vue** médiévale. © Archives / Le Républicain

La grande métamorphose des XIXe et XXe siècles

Le XIXe siècle réinvente les lieux avec l’arrivée de la famille Béchade, en 1805. En 1844 naît une demeure de maître de style palladien, aujourd’hui appelée maison Béchade. Ses caves accueillaient le vin, ses salons les réceptions, et son belvédère s’ouvrait sur une vallée lumineuse. Ostentation et panorama se répondaient, signe d’un rang social assumé.

Au XXe siècle, l’ensemble change encore de visage. En 1939, la maison abrite des enfants réfugiés espagnols, puis devient hospice avant de servir de centre de formation. Au début des années 1960, place aux colos de vacances, dont certains se souviennent encore. Aujourd’hui, la maison monumentale dialogue avec les remparts, tissant un récit à plusieurs époques.

Pierre Gauban et Philippe Corriols près de la tour sud du castrum de Pommiers
À proximité de la tour **sud**, les acteurs de la **sauvegarde** racontent les lieux. © Gaël Arcuset / Le Républicain

Un écrin de nature et de points de vue

Au-delà des pierres, le castrum s’ouvre sur un paysage d’arbres remarquables. Un cèdre de plus de 200 ans, culminant à 36 mètres, impose une élégance sereine. Un if vénérable et un flamboyant marronnier ajoutent leur densité à ce décor végétal. Depuis le belvédère et le chemin de ronde, la vallée se déploie en horizons souples et en lignes de vignes.

Ici, l’histoire épouse la nature, et la promenade devient une expérience sensorielle. À chaque pas, un détail architectural répond à un souffle paysager. Le site mêle patrimoine et simplicité, pour une découverte à la fois savante et accessible.

Préparer votre visite

  • Accès lors des Journées du Patrimoine: samedi 20 septembre (10 h–12 h et 14 h–17 h) et dimanche 21 septembre (10 h–12 h et 14 h–18 h), entrée gratuite.
  • Spectacle tout public le samedi à partir de 17 h: La Toison d’or présente « Chevaliers de la Table Ronde » d’après Jean Cocteau.
  • Réservations: 06 02 59 67 40. Tarifs: 12 € (plein), 8 € (réduit), gratuit pour les moins de 7 ans, 35 € (forfait famille). Durée: 1 h 10.
  • Conseils pratiques: prévoir des chaussures confortables, respecter les zones protégées, et suivre la signalétique du site.
  • Pour prolonger l’expérience: explorer les routes de l’Entre-deux-Mers, entre bastides, vignobles et petites églises romanes.

On quitte Pommiers avec une émotion à la fois douce et forte: la sensation d’avoir approché une âme de pierre, préservée par une vigilance patiente. Dans ce bout de Gironde, l’histoire reste vivante, prête à se révéler à qui pousse sa porte. Et c’est pour cela qu’il faut la découvrir sans attendre, avec curiosité et respect.

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.