Plus discrète que ses voisines, la Corrèze n’attire pas l’attention qu’elle mérite… heureusement.
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Chut. Ne le dites à personne. Je pense que vous allez aimer la Corrèze. Et vous ne voudrez le dire à personne d’autre. Vous voyez, la plupart des visiteurs restent dans les limites départementales de la Dordogne voisine à l’ouest, ou des volcans d’Auvergne à l’est. La Corrèze, l’un des départements les moins peuplés de France, est discrètement blottie entre les deux sans fanfare, une frontière rurale avec une excellente ville, Brive-la-Gaillarde, et une multitude de villages incroyablement charmants.
Je zigzague à travers le département d’un village à l’autre. Ségur-le-Château, au nord-ouest de Corrèze, est mon point de départ. C’est l’un des six villages désignés Plus Beaux Villages de France au sein du département (j’en visiterai cinq). Il a plu durant la nuit, et la brume s’infiltre dans la vallée de l’Auvézère, tel le manteau d’un spectre qui se faufile entre les chênes et entoure la tour de l’église de Ségur, qui perce l’épaisse brume.
La Rivière Auvézère inondée, qui, sauf pour un pont décoré de fleurs, traverse le village, grommelle d’un brun chocolaté contre les bâtiments riverains du XVe et du XVIe siècle. Ils se dressent sous les imposantes ruines d’un château perché sur une colline, siège des premiers vicomtes de Limoges. Un café et un gâteau au Café Lou Castel, l’un de ces bâtiments historiques, équivalent à un petit-déjeuner pris dans une maison privée, avec des nappes rustiques, des bouquets de fleurs fraîches dans des pots de confiture et un petit coin douillet avec un poêle à bois.
Je parcours la courte distance jusqu’à Arnac-Pompadour, connue pour son vaste château offert par Louis XV à sa maîtresse Madame de Pompadour. Pompadour, le village, est aussi renommé pour son Haras National, qui élève des chevaux Anglo-Arabes; l’hippodrome et l’arène de saut d’obstacles peuvent être observés depuis le château. À l’intérieur des murs du château se trouvent des expositions sur la vie de la maîtresse préférée du roi, tandis qu’une visite aux écuries de la marquise offre un aperçu de la vie quotidienne au haras. En prenant la route vers l’est à travers une campagne pittoresque remplie de bois et de prairies, j’atteins Uzerche, la première des petites villes de Corrèze que je visite. Perchée sur une colline au-dessus de la Vézère, la cité fortifiée est jalonnée de ruelles étroites nichées entre des rangées de maisons en pierre séduisantes, chacune avec sa tour ronde, comme de petits châteaux. La Porte Bécharie est la seule survivante des neuf portes d’origine qui entouraient autrefois les remparts.
Des bovins Salers bruns parsèment les collines tandis que je me dirige vers l’Est, suivis d’une nette hausse du nombre d’arbres à l’approche du Parc naturel régional de Millevaches en Limousin. Affieux offre une église du XIIe siècle et un château, mais cela pâlit face à Treignac, désignée Petite Cité de Caractère. Le marché du jeudi soir se tient sous la place marchande à colonnes de pierre de Treignac lorsque j’arrive, des producteurs locaux tentant les clients avec des pains artisanaux, des gâteaux et des plants. Parmi la boucherie, une épicerie fantastique et une chocolaterie élégante se trouve l’église Notre-Dame-de-la-Paix de Treignac, avec son clocher torsadé unique. La ville est une halte populaire pour les pèlerins de Saint-Jacques en route vers Rocamadour.
Un paysage doux d’érables, de bouleaux et de pins se déploie à mesure que je continue vers l’est, à travers la charmante Saint-Hilaire-les-Courbes, dont l’église s’abrite au bord du lac dans la vallée de la Vézère. En direction de l’est, je traverse à nouveau la Vézère alors qu’elle passe par le vaste Lac de Viam (prisé pour la pêche et la navigation) jusqu’à Meymac. Le paysage lorsque je grimpe jusqu’au plateau de Millevaches – à l’extrémité ouest du Massif Central – est saisissant, bien que la brume épaisse rende inutile toute recherche du Mont Bessou, point culminant à 1 000 m.
Voici la Haute-Corrèze, avec Meymac au centre. On ressent l’atmosphère d’un village de montagne, avec des maisons en granit coiffées de toits en ardoise raides pour repousser la neige hivernale. La vie se concentre dans la haute ville, avec sa fontaine et sa charmante tour d’horloge. Dans la basse ville se trouve l’ancienne abbaye Saint-André, aujourd’hui un centre d’art contemporain.
En voyageant vers le sud-ouest en direction du village de Corrèze, j’aperçois un panneau menant à un musée dans le tout petit village de Sarran. Son nom est intriguant, et j’emprunte donc une courte déviation jusqu’au Musée du Président Jacques Chirac. Installé dans un bloc architectural moderne et conçu spécialement, c’est le musée le plus inattendu pour un endroit rural aussi éloigné, au milieu d’une campagne paisible et boisée.
Chirac, l’un des deux présidents récents ayant des liens étroits avec la Corrèze (l’autre étant François Hollande), a légué au département sa collection de 5 000 cadeaux diplomatiques offerts durant son mandat à l’Élysée. Plus de 1 000 de ces « trésors » sont exposés au musée : tout, des maillots de football et des tapisseries aux bibelots, blas-bla et babioles qui n’auraient pas dépareillé sur une table de vide-grenier. À côté se trouve sa voiture présidentielle de choix, une Citroën CX Prestige, et une reconstitution du Salon Doré de l’Élysée à Paris, qui abrite une exposition fascinante sur les huit présidents de la Cinquième République.
Je parcours une petite route étroite à travers des forêts de hêtres situées bien au-dessus de la Corrèze pour atteindre le village portant le même nom. L’ancienne cité fortifiée date du IXe siècle et, comme Uzerche au nord-ouest, nombreuses sont les passages étroits avec des portails à franchir, et une richesse de maisons en granit attrayantes. Un circuit pédestre balisé en boucle met en évidence des bâtiments historiques du XVIe siècle, âge d’or du village.
Tulle, berceau de l’accordéon français et du fin réseau de tulle de soie utilisé pour fabriquer les tutus de ballet, est la préfecture de la Corrèze. Ses ruelles étroites serpentent sur les pentes raides de la vallée fluviale. Mais c’est Brive-la-Gaillarde à l’ouest, près de la frontière départementale avec la Dordogne, qui est la plus grande ville et un excellent centre culturel à cet égard. Ses rues élégantes offrent une agréable promenade, tandis que le Musée Labenche, musée d’art et d’histoire de la ville installé dans un manoir Renaissance remarquable, est incontournable. Les expositions comprennent le piano qui appartenait au compositeur Claude Debussy et une collection remarquable de tapisseries fabriquées par des tisserands d’Aubusson et, de manière surprenante, de Mortlake au Royaume-Uni.
Une visite chez Denoix, l’une des plus anciennes distilleries familiales de liqueurs de France, est aussi indispensable lors de votre passage à Brive. En entrant dans la distillerie, on remonte d’un siècle, où parmi les différentes liqueurs et apéritifs créés et embouteillés à la main ici, figure sa plus renommée, Suprême Denoix, élaborée à base de noix vertes.
Suite à une brève escapade pour découvrir le village médiéval perché Donzenac, au nord de Brive, je poursuis mon exploration de Corrèze en faisant halte dans de nombreux beaux villages du sud du département. J’ai, on peut l’affirmer, gardé le meilleur pour la fin. À la frontière avec la Dordogne, je commence par Saint-Cernin-de-Larche, puis le Lac de Causse, populaire pour les activités nautiques et son circuit de promenade et de vélo en bord de rivage. Le paysage doucement vallonné est apaisant tandis que je traverse Rignac, Lissac-sur-Couze, Le Soulier et Chasteaux.
Les fleurs sauvages sont en abondance – reine-des-prés, orchidées pyramidales et bien d’autres – le long des accotements alors que je parcours Noailles avant de grimper jusqu’à Turenne, premier d’une longue liste de Plus Beaux Villages. Trois itinéraires de promenade permettent d’observer le village et le paysage qui l’entoure ; c’est le fief du Vicomte de Turenne, avec huit siècles d’histoire présentés. Je continue vers Noailhac, puis Collonges-la-Rouge, la paire exhibant une veine atypique de grès rouge au milieu des collines. Noailhac est le plus paisible des deux, avec de charmantes promenades le long de ruelles tranquilles. Collonges-la-Rouge peut être extrêmement fréquenté, son attrait de demeures médiévales rouge rouille et de tours en forme de poivrière attirant des milliers de visiteurs chaque année. Cela est en partie dû à l’ancien maire du village, Charles Ceyrac, qui a créé la catégorisation Plus Beaux Villages de France ; Collonges fut le premier village à recevoir le label.
Proche de la perfection
À l’est-sud-est se situe Curemonte, médiéval (également Plus Beau Village), bâti sur une éperon rocheux avec trois châteaux. L’un des meilleurs panoramas globaux est celui depuis la table d’orientation au nord du village. En voyageant vers l’est, j’atteins la Vallée de la Dordogne et, peut-être, le joyau le plus prisé de Corrèze, Beaulieu-sur-Dordogne. Le Plus Beaux Village est, comme son nom l’indique, situé sur la Dordogne. Il a plu abondamment dans les jours précédant mon arrivée; la rivière tonne à travers les portes d’encluse, s’infiltrant sur la rive droite et laissant les lampadaires du village isolés.
Le sol fertile de Corrèze signifie des milliers de tonnes de fraises cultivées dans les champs autour de Beaulieu, et la Fête de la Fraise célèbre cela chaque mai. Les cloches de l’abbaye Saint-Pierre retentissent tandis que des tartes à la fraise et des liqueurs rubis sont dévorées aux côtés des barquettes de fruits fraîchement cueillis.
Je remonte la rivière en dehors des villages et découvre des hameaux comme Saulières et Bassignac-le-Bas, perchés près du perfectionnement élevé au-dessus de la rivière. Les fleurs sauvages tapissent le paysage, reproduisant les visions antérieures du département – un mélange de prairies ondulantes et de forêts. Argentat-sur-Dordogne est mon dernier arrêt, une porte d’entrée orientale vers la Corrèze. Les maisons pendent au-dessus de la rivière, un mélange hétéroclite de toits en ardoise et de tourelles, restaurées comme résidences de marchands autrefois utilisés la ville comme port commercial, la rivière servant de grande artère. En me promenant le long du chemin au bord de l’eau, coloré par des coquelicots orange vifs, je déclare la Corrèze comme mon nouveau département préféré de toute la France. Je pense qu’il le sera aussi pour vous.
CORRÈZE ESSENTIELS
SE RENDRE LÀ-BA
PAR AVION
Brive Vallée de la Dordogne depuis London Stansted avec Ryanair.
www.aeroport-brive-vallee-dordogne.com
Bergerac depuis Birmingham, Bournemouth, Bristol, East Midlands, Leeds Bradford, Liverpool, London City, London Stansted, Londres et Manchester avec British Airways, Jet2.com et Ryanair
www.bergerac.aeroport.fr
Limoges depuis Bristol, East Midlands, Leeds Bradford,
London Gatwick, London Stansted et Manchester avec easyJet et Ryanair.
www.aeroportlimoges.com
PAR TRAIN
Paris – Brive-la-Gaillarde : 4,5 heures. Bordeaux – Brive-la-Gaillarde : 2,5 heures.
EN VOITURE
Paris A10 vers Orléans ; A71/A20 vers Brive-la-Gaillarde et Tulle ; Lyon A89 vers Tulle.
INFORMATIONS TOURISTIQUES
www.tourismecorreze.com/en