Alexander Lobrano apprécie une délicieuse approche de la durabilité et une cuisine de campagne fraîche et simple, venue des meilleurs de France…
Portée par la création de l’Union européenne et les évolutions technologiques incessantes du TGV, d’Internet et autres, la géographie sociale et économique de la France a été en constante évolution depuis 1945, certaines grandes villes régionales triomphant au détriment des plus petites conurbations. Lille, dans les Hauts-de-France, et Rennes, en Bretagne, sont des exemples de pôles urbains régionaux prospères qui sont venus dominer leurs régions.
En concurrence avec Strasbourg, Metz, ancienne capitale historique de la Lorraine et ville d’environ 120 000 habitants, a cherché à préserver sa vitalité en investissant massivement dans la culture. Le Centre Pompidou-Metz a ouvert en 2010 et a eu une incidence importante sur l’augmentation du tourisme dans la ville, ce qui explique l’ouverture de l’un des hôtels les plus fantaisistes de France, le Maison Heler, hôtel de 194 chambres conçu par Philippe Starck. Le bâtiment en béton de neuf étages est surmonté de manière saisissante par une maison traditionnelle de style alsacien, qui rappelle les mansions du Metz du 19e siècle et s’inspire d’un roman — La Vie Minutieuse de Manfred Heler — écrit par Starck pour accompagner le projet architectural.
La décoration de cette maison perchée, qui abrite le restaurant La Maison de Manfred, a été signée par la fille de Starck, Ara, et elle fait référence au 19e siècle avec des boiseries, des carreaux bruns et de magnifiques vitraux réalisés par une entreprise locale selon ses dessins. Le restaurant, qui sert le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, dispose également d’un petit bar et d’une terrasse où les repas sont servis par beau temps. En déjeunant avec un ami qui, comme moi, était venu voir une exposition au Centre Pompidou-Metz, nous avons apprécié la cuisine du chef Alexandre Monce, originaire de Metz, les magnifiques vues sur la ville et le plaisir d’être dans la salle à manger la plus tendance de la ville, qui offrait un panorama humain digne d’un roman de Flaubert.
Alors qu’il existe un menu à prix fixe à midi, le dîner propose un très bon assortiment de petites assiettes étonnamment modernes, dont un tataki de bœuf au ponzu et des tentacules de poulpe grillées avec des légumes et du chimichurri, suivis d’un choix entre deux plats principaux à partager : une cocotte de la mer, ou un poisson du jour avec sauce au champagne, ou un steak Tomahawk – preuve, s’il en fallait, que les provinces françaises ne sont plus des arrière-cours culinaires.
Nous avons plutôt regretté de ne pas trouver de quiche lorraine sur son territoire d’origine, mais le menu change souvent, alors peut-être que ce plat signature apparaîtra lorsque les températures chuteront.
NB. Metz est un bon point d’arrêt pour les voyageurs qui aillent du nord au sud depuis le Royaume-Uni (et vice versa, bien sûr) et constitue aussi une escapade de week-end intéressante hors de Paris.
31 Rue Jacques Chirac, Metz.
Tel. (33) 03 56 63 16 31.
Menu déjeuner à 45 €, moyenne à la carte 50 €.
www.maisonhelermetz.com
Crédit photo principal : Photo : La Maison de Manfred, Metz/Site officiel