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La Clusaz en été : découvrez les prairies alpines ensoleillées

Elinor Sheridan part à la découverte des Alpes pour savoir ce que la célèbre station de La Clusaz réserve aux visiteurs estivaux, alors que les alpages remplacent les étendues de neige hivernales

📢 En faisant défiler les magnifiques images, pourquoi ne pas écouter notre article narré ? C’est une excellente manière pour les membres de France Today d’approfondir l’histoire tout en profitant des visuels. Nous espérons que vous apprécierez cette expérience et nous serions ravis d’avoir vos impressions — n’hésitez pas à les partager dans les commentaires ci-dessous ! Bonne écoute !

La Clusaz est surtout connue comme station de ski, mais en été, lorsque les télésièges transportent des marcheurs et des cyclistes plutôt que des skieurs, elle constitue une excellente base pour explorer Annecy et les montagnes environnantes à un rythme plus lent.

Le nom de La Clusaz vient du vieux mot savoyard cluse, qui signifie un passage entre deux montagnes. Au XIVe siècle, le village était désigné sous le nom de Clusa Locus Dei, « l’endroit étroit de Dieu ». C’est une description adaptée. Nichée à 1 040 mètres dans la chaîne de l’Aravis, en Haute-Savoie, avec l’arête escarpée de la Pointe Percée qui se dresse derrière elle, La Clusaz offre un cadre qui met le dialogue sur pause dès que l’on tourne l’angle sur la D909 en venant d’Annecy.

L’événement de VTT Le Bélier se tient chaque année à La Clusaz

J’arrivai au chalet un samedi après-midi de juin, lorsque la neige s’était retirée des sommets les plus élevés et que les prairies s’ornaient de fleurs sauvages. Le chalet, une habitation privée plutôt qu’un hôtel, est conçu pour la vie en montagne toute l’année plutôt que pour rester vide en dehors de la saison de ski. Cette première soirée, nous nous rendîmes au Chalet du Lac près du Lac des Confins, où un dîner au bord du lac, sa surface reflétant les sommets environnants, a paru étrangement extraordinaire. Dimanche était centré sur Le Bélier, un événement annuel de VTT qui célèbre tout ce que La Clusaz sait faire de mieux. La Rando 3 Fromages est un parcours de 12 km à travers des forêts et des alpages alpins, avec trois arrêts dégustation de fromages en chemin. Nous avons récupéré nos vélos électriques et avons emprunté le télésiège Crêt du Merle avec nos vélos jusqu’au départ. Là, le sentier a dévalé à travers les bois ombragés du Balcon du Voret avant de s’ouvrir sur la Retenue du Lachat. Là, une tranche de Reblochon est apparue, l’un des fromages les plus connus de la vallée d’Aravis.

UN TOUR FROMAGER EN VÉLO

Le Reblochon possède une histoire d’origine espiègle. Au XIIIe siècle, les fermiers de l’Aravis payaient leur loyer selon la quantité de lait produite par leurs vaches. Lorsque le propriétaire venait mesurer le rendement, le fermier retenait délibérément une partie du lait, procédant à une traite incomplète. Une fois l’inspecteur parti, ils remettaient les vaches à la traite – reblocher signifiant « laitier à nouveau » – et ce second, plus riche, lait donna naissance au fromage. Il est toujours fabriqué artisanalement à partir de lait cru dans les fermes ici. En été, les vaches reviennent sur les pentes, et ces fromages qui apparaissent aussi assurément au menu ont un paysage évident derrière eux.

La Rando 3 Fromages est un parcours de 12 km avec des arrêts dégustation de fromages

La promenade a continué le long du Chemin du Laythet jusqu’au Lac des Confins, où nous avons goûté le Chevrotin, un fromage de chèvre au lait acidulé avec un cœur crémeux. De là, l’étape finale a dévalé jusqu’à Le Fernuy pour déguster une tranche de Tomme, fermière et terreuse, un fromage de montagne classique. La dernière descente était un zig-zag satisfaisant qui nous a donné l’impression d’avoir mérité chaque gramme de produit laitier consommé en chemin. Je dois le répéter : je l’ai fait entièrement en vélo électrique, et je ne le regrette pas du tout. De retour au chalet, Valérie, une masseuse ayurvédique locale, est arrivée pour des soins, et après une matinée passée à déguster du fromage, il était temps de s’offrir encore plus d’indulgence. Ce soir-là, le Restaurant l’Outa offrait exactement le genre d’hospitalité montagnarde que l’on espère après une journée passée dehors : des plats locaux copieux et, à la fin, un verre de génépi local, tout en herbes sauvages et chaleur pure, à siroter lentement.

Kayaking sur le lac d’Annecy est une excellente manière d’apprécier « le lac le plus propre d’Europe »

Lundi fut une journée à Annecy et nous nous sommes rendus au lac pour faire du kayak, pagayant sur une eau si limpide qu’elle paraissait irréelle. Le lac d’Annecy est souvent appelé le lac le plus propre d’Europe, et vu du kayak, on comprend pourquoi : on peut voir les pierres au fond, même dans les zones plus profondes, et les montagnes se dressent comme des décors de théâtre de chaque côté. Il y a une quiétude d’être sur l’eau ici – un sentiment d’être tenu entre le ciel et la montagne, avec pour seule musique le battement d’une pagaie qui rompt le silence. Par la suite, le déjeuner à La Cuillère à Omble, un restaurant spécialisé dans les poissons d’eau douce du lac et idéalement situé au bord de l’eau, a été l’un des temps forts du voyage. Une croisière en bateau sur le lac a suivi avant que nous ne débarquions pour une promenade guidée dans la vieille ville d’Annecy. Avec ses maisons pastel, ses canaux et le Palais de l’Île qui se dresse tel un navire de pierre au milieu de la rivière Thiou, Annecy est aussi photogénique que sa réputation le laisse penser, mais elle a aussi une âme au-delà de la carte postale.

Nous avons parcouru les rues pavées et appris comment Annecy devint un refuge catholique dans les années 1530, lorsque les évêques de Genève fuyaient la Réforme et s’y installèrent, en faisant d’elle une petite citadelle face à Genève protestante. Le mardi matin a commencé avant que la plupart des gens raisonnables n’aient ouvert les yeux. Alexia, une instructrice de yoga locale, nous a guidés à travers une séance de Yoga Toumo – immersion dans l’eau froide. Cela commence doucement, avec une respiration guidée sur la rive, et s’élève jusqu’au moment où l’on foule un torrent de montagne glacé au lever du soleil. Cela paraît brutal – et c’était le cas, brièvement. Mais l’euphorie qui a suivi, un réveil à tout le corps qui a duré des heures, a rendu l’ensemble pleinement valable.

Réchauffés et stimulés, nous sommes partis pour le petit-déjeuner. Le Grand-Bornand est un village d’environ 2 000 habitants et, à partir de l’an 2000, environ 2 000 vaches. Cette heureuse coïncidence numérique a inspiré au village de se proclamer capitale de l’art bovin, et il n’en est jamais revenu. Des sculptures en métal, des totems en bois, des fresques murales et des vaches de bandes dessinées peuplent désormais les rues, une galerie à ciel ouvert qui fait une chasse au trésor amusante.

« La Clusaz en été ne vous donnera peut-être pas l’adrénaline d’une piste noire. Ce qu’elle offre, en revanche, est plus durable. »

OÙ SÉJOURNER

Au-delà des vaches, Le Grand-Bornand possède une tradition artisanale tangible. Les Bourreliers, une famille de maroquiniers, fabriquent des ceintures, des sacs et des harnais pour cloches de vache, dans leur atelier. Pendant ce temps, aux Poteries du Grand-Bornand, vous pouvez observer des potiers à l’œuvre et acquérir des pièces qui semblent réellement ancrées dans le lieu. Ce ne sont pas des boutiques de souvenirs mais des ateliers en activité, enracinés dans les matériaux de la vallée, et la différence se voit.

Après un déjeuner de beignets et de charcuterie à La Cheminée, nous avons rencontré Nicolas, de Botanico, pour une promenade de cueillette près de Thônes. Dans un paysage comme celui-ci, il est facile de passer son temps à lever les yeux vers les crêtes ou à regarder à travers la vallée. Nicolas fait le contraire : il invite les gens à regarder vers le sol. Il nous a guidés à travers les prairies et le long des lisières forestières, en pointant des plantes comestibles, en expliquant leurs propriétés et en replaçant doucement le paysage montagnard comme une sorte de garde-manger en plein air. Certaines sont comestibles, d’autres médicinales, d’autres encore intéressantes simplement par l’endroit où elles poussent.

Il nous a guidés à travers les odeurs, les textures et les feuilles, et la promenade a semblé moins être une simple balade dans la campagne et plus une leçon sur l’attention à porter à l’endroit où l’on pose ses pieds et regarde. Cela vous fait aussi réaliser tout ce que vous manquez si vous ne venez qu’en hiver, lorsque tout dort sous la neige.

UNE NOUVELLE PERSPECTIVE

Lors de notre dernier matin, Valérie est revenue, cette fois avec sa fille, pour préparer le brunch à partir des ingrédients récoltés lors de notre promenade. Des fleurs comestibles, des herbes cueillies et une belle présentation des mets ont transformé la terrasse du chalet en un rêve de styliste culinaire. C’était une fin adaptée : un repas qui tisse les personnes, les lieux et les saveurs d’un week-end en une seule et généreuse table.

La Clusaz en été ne vous offrira peut-être pas l’adrénaline d’une piste noire, mais ce qu’elle offre en revanche est sans doute plus durable : une introduction aux habitants qui vivent ici toute l’année, et le temps de remarquer les petits détails – l’herbe qui pousse près du chemin, le fromage qui a commencé comme un acte de rébellion, la vache sculptée dans le bois flotté. Pour quiconque a rejeté les Alpes comme destination uniquement hivernale, ce coin de la Haute-Savoie apporte un argument solide pour reconsidérer cette hypothèse. Et si vous vous retrouvez sur un vélo électrique sur un versant de montagne, avec une tranche de Reblochon à la main, vous vous demanderez peut-être pourquoi il vous a fallu si longtemps.

LA CLUSAZ ESSENTIELS

COMMENT S’Y RENDRE

PAR AVION

L’aéroport de Genève est la porte d’entrée la plus pratique pour La Clusaz, situé à environ 50 km et à peu près une heure de route, tandis que l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry est une autre option à environ deux heures.

EN VOITURE

La Clusaz est accessible en voiture depuis Annecy, à environ 40 minutes par la route, ce qui en fait une bonne base pour combiner les paysages de montagne avec des excursions d’une journée vers le lac et la ville.

OÙ SE LOGER

Chalet Bleu Infini par OVO Network offre une version plus contemporaine du séjour alpin classique, avec de grandes vues sur la montagne, un espace généreux pour les groupes et des extras attentifs, notamment un sauna, une salle de cinéma et un bureau à domicile. Proche des remontées mécaniques et des itinéraires de marche estivale, il constitue une base facile pour découvrir La Clusaz en toute saison.

ovonetwork.com/en

OÙ MANGER

Pour un dîner panoramique, le Restaurant Chalet du Lac se situe au bord du Lac des Confins, au sommet de la vallée. À La Clusaz même, l’Outa est proposé comme arrêt dîner en soirée, tandis que La Cuillère à Omble près du lac d’Annecy est remarquable pour ses plats. Dans le proche Le Grand-Bornand, Shed Café est une bonne halte pour le petit-déjeuner et La Cheminée offre un déjeuner de montagne mémorable. 

QUE FAIRE

Participez au Tour-fromage en vélo électrique Le Bélier avec location de vélos chez Evo2, dirigez-vous vers le lac d’Annecy pour des sports nautiques avec Skiwake74 et une croisière électrique avec Le Deck, ou ralentissez le rythme avec Yoga Toumo avec Alexia, une promenade botanique avec Botanico, ou un soin de massage par Valérie.

INFORMATIONS TOURISTIQUES

www.annecymountains.com

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.