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La vie de Victor Hugo, visionnaire de l’architecture

Quand on pense à Victor Hugo, on pense à une prose élevée et à des œuvres littéraires révolutionnaires telles que Les Misérables. Mais voici quelque chose qui pourrait vous surprendre : Hugo était aussi un artiste visuel prolifique. À travers des centaines de croquis, d’aquarelles et de dessins réalisés tout au long de sa vie, il a consignés des bâtiments et des ruines rencontrés lors de ses voyages ou nés de son imagination. Bon nombre ont été transcrits sur les pages de ses romans, d’autres n’ont jamais quitté les confins de ses cahiers. Cet été, la Maison de Victor Hugo à Paris invite les visiteurs à découvrir ce côté moins connu de l’écrivain. « Hugo et l’Architecture, de la pierre à la plume » (de pierre à plume) se déroule du 11 juin au 22 novembre. C’est la dernière d’une série d’expositions que le musée a consacrées au travail visuel de Hugo, après « Victor Hugo Dessins, Dans l’intimité du génie » en 2023 et « Hugo décorateur », qui a fermé ses portes ce printemps. Ensemble, elles dressent un portrait convaincant d’un homme pour qui l’écriture, le dessin et la construction allaient de pair.

MAISON DE L’ÉCRIVAIN

La Maison de Victor Hugo occupe l’appartement au 6, place des Vosges où Hugo a vécu de 1832 à 1848. Maintenant partie du réseau Paris Musées, qui regroupe douze musées municipaux et deux sites patrimoniaux, l’institution conserve plus de 50 000 œuvres de l’écrivain de toutes sortes : peintures, sculptures, manuscrits, photographies, objets personnels et une vaste bibliothèque. L’appartement de la Place des Vosges a été préservé avec des meubles et des objets de l’époque de Hugo, créant une impression intime de son monde. Des rénovations récentes ont également ajouté un jardin et un café.

Hauteville House, la maison de Victor Hugo à Paris © MAISON DE VICTOR HUGO – HAUTEVILLE HOUSE / VILLE DE PARIS

CINQ CHAPITRES

L’exposition se déploie sur deux niveaux en cinq sections thématiques qui retracent la passion d’Hugo pour l’architecture, depuis ses premiers carnets de croquis jusqu’à ses rêves non réalisés. Le voyage commence par « Choses vues » (choses vues), présentant les dessins de voyage que Hugo a réalisés sur les routes dans les années 1830 et 1840, ses carnets débordants de donjons, beffrois et tours. Peut‑être moins attendu est la révélation d’Hugo en tant que collectionneur de photographie architecturale, avec des tirages de cathédrales et de paysages, jamais vus auparavant, exposés.

La deuxième section, « De l’édifice à l’écriture » (from building to writing), établit un lien entre ses univers visuel et littéraire. L’œuvre centrale est, bien sûr, Notre-Dame de Paris. Publié en 1831, le roman n’est pas simplement situé dans la cathédrale, il en a fait le protagoniste. Également exposée ici figure l’un des plaisirs les plus singuliers de l’exposition : des dessins dans lesquels les lettres de l’alphabet prennent la forme d’éléments architecturaux, des colonnes et des arches créées à partir de la typographie. Et pour ceux qui ignorent que Hugo illustrait ses propres œuvres, une section réunit des dessins dialoguant avec des textes tels que La Légende des Siècles et Les Travailleurs de la mer, ainsi que des croquis pour la décoration de sa pièce, Ruy-Blas. Puis l’exposition s’oriente vers un territoire plus onirique. « Du réel à l’imaginaire » montre comment, au cours de ses années à la Maison de Victor Hugo, logée dans l’ancienne demeure de l’auteur, Place des Vosges à Paris, Ville au pont rompu (City with a Broken Bridge), Hugo a commencé à reconstruire de mémoire les châteaux et les ruines qu’il avait esquissés des années auparavant, les réinventant en quelque chose de plus personnel. « Architectures visionnaires » va encore plus loin, plongeant dans la pure fantaisie : temples orientaux, silhouettes découpées, et le rarement exposé, monumental et légèrement inquiétant Le Burg à la croix.

La section finale emmène les visiteurs dans l’appartement lui-même, où des photographies du petit-fils d’Hugo, Jean-Baptiste, documentent Hauteville House à Guernesey, la demeure que Hugo a transformée en une œuvre d’art d’inspiration médiévale. Également exposés pour la première fois : les plans originaux de l’architecte Leidenfrost pour une maison que Hugo rêvait de faire construire à la fin de sa vie, mais qu’il n’a jamais réalisée.

Crédit photo principale : Un des croquis de Victor Hugo

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.