Un air d’anticipation entourait Mazarine lors de son ouverture pour la première fois le 2 décembre, laissant supposer que Hanover Square à Londres était prêt pour quelque chose de nouveau. À l’ouverture du restaurant de Khaled Dandachi et Fred Srouchi, il transforma une adresse au cœur de Londres en un petit coin de côte française. Avec l’équipe Sparrow Italia et le chef étoilé Thierry Laborde à la tête, les attentes envers Mazarine étaient élevées. Reprenant le glamour de la Côte d’Azur et répondant à l’appétit renouvelé de Londres pour une gastronomie plus raffinée, le restaurant tient sa promesse.
Les convives suivent un couloir et passent devant le bar du salon de cocktails, puis la salle à manger se déploie dans un rythme doux, presque au rythme des marées. Les courbes douces de l’intérieur et les murs beige, éclairés par une lueur chaude en contre-jour, créent une élégance discrète, luxueuse et minimaliste qui rappelle une crique côtière sculptée ou l’intérieur lisse d’une coquille de palourde. Les tables rondes qui remplissent la pièce sont nappées de linge blanc immaculé, et les chaises bleues moelleuses évoquent l’écume de mer ou la brume du littoral, introduisant une palette subtilement côtière sans recourir à des clichés.
Le service personnel est ce qui élève réellement l’expérience culinaire chez Mazarine, car le personnel offre des conseils honnêtes sur les portions, le rythme et les combinaisons d’assiettes qui permettent à leurs saveurs exquises de briller et de se compléter. C’est également d’une intuition magnifiquement élégante : les verres semblent se réapprovisionner d’eux-mêmes, les assiettes sont retirées exactement au moment opportun, et pourtant le rythme reste tout à fait sans pression. Une visite d’un sommelier formé apporte la touche finale, offrant des conseils avisés, sans prétention, sur les vins qui conviennent à chaque plat, versant des dégustations et expliquant ce qui rend chaque association efficace.
Un cocktail Nelly Rose, rafraîchissant et légèrement fumé, choisi parmi leur vaste carte de boissons, accompagné d’olives marinées saupoudrées de zeste d’orange, a constitué le nettoyant de palais parfait, une petite bouchée mais élevée qui ne devrait certainement pas être négligée.
Les hors-d’œuvre ont été suivis d’un assortiment d’entrées Fruit de Mer remarquables : tartare de thon rouge, oursins sucrés et salés servis dans leurs coquilles, et une demi-douzaine d’huîtres Fine de Claire David Havré arrivées à table joliment dressées. Cependant, ce qui a véritablement volé la vedette, ce furent leurs croquettes d’anguille fumée, Croque Mazarine, une délicatesse française de longue date, l’anguille étant revisitée ici de manière contemporaine, réinterprétée en croquettes croustillantes, fumées et fidèles à ses racines.

Le menu promettait plusieurs plaisirs classiques de la cuisine française tels que les escargots, le caviar et les langoustines, et leur présence témoignait de l’ampleur des ambitions de Mazarine. Cependant, cette soirée-là, ces plats particuliers n’étaient pas disponibles. Bien que cela ait été une déception sur le moment, cela ressemblait moins à une faute qu’à un rappel de l’engagement du restaurant envers une fraîcheur absolue ; lorsque les ingrédients ne répondent pas à leurs standards, ils ne sont tout simplement pas proposés. Les omissions ont été gérées avec transparence et grâce, et ont peu ébranlé le plaisir global de l’expérience culinaire.
L’assiette à partager apporta une sole de Dover à la meunière avec du chou grillé, cuite avec une main légère et dressée sobrement mais efficacement. Le plat fut accompagné d’un filetage à table, une touche de théâtre qui honorait une tradition culinaire française classique sans distraire de la qualité du poisson. Le chou de Savoie grillé avec sauce anchoise dépassait largement le rôle d’une simple garniture, devenant l’un des temps forts de la soirée et s’associant magnifiquement à la délicate sole de Dover, qui fondait presque sur la langue.

Les entrées furent accompagnées d’un verre recommandé de Muscadet Sèvre et Maine du Domaine Julien Braud, tandis que le plat principal était assorti d’une Cuvée blanche « Gyotaku » d’Alsace. Pour le dessert, un Château Laville Sauternes offrait une finale adaptée et mielée, complétant parfaitement la sélection de sorbets de fruits d’automne glacés, à la noix, à la châtaigne et au fruit de la passion, inspirée par la Côte d’Azur. Un espresso final, généreusement servi, a clos le repas, laissant les convives rentrer à Londres avec le goût de la mer encore en bouche et l’espoir discret de revenir bientôt.
Crédit photo principale : Mazarine Banca Ruedas ©
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