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Cette station des Alpes attire désormais les golfeurs autant que les skieurs et propose un parcours unique en Europe

On ne vient plus ici seulement pour la poudreuse. À la fonte des neiges, la station dévoile un ruban vert de fairways où le swing remplace le planté de bâton. Le décor reste le même — crêtes, alpages, ciel d’un bleu presque irréel — mais l’énergie change: on marche, on respire, on écoute son rythme, on vise un drapeau qui scintille comme un cornet de glace au soleil.

Un fairway au-dessus des nuages

À plus de deux mille mètres, la balle prend une trajectoire plus longue, plus droite, presque aérienne. Les départs s’ouvrent sur des horizons d’arêtes et de glaciers, les greens se blottissent dans des amphithéâtres de pierre et de gentianes. “On joue avec le vide sous les pieds, mais on garde la tête froide”, résume un habitué, driver à la main, souffle un peu court mais sourire franchement large.

Un parcours vraiment unique en Europe

Là-haut, le 18-trous est entièrement desservi par des remontées mécaniques: pas de voiturettes, pas de route, juste des cabinex et des sentiers doux qui relient tee-box, fairway, green. Ce dispositif en fait aujourd’hui le seul parcours européen intégralement accessible par télécabines, pensé pour une mobilité 100% douce. Les départs sont terrassés comme des belvédères, les greens protégés du vent par des murets de pierre sèche, et un par 3 signature surplombe un lac alpin au bleu profond. “On lance la balle sur un ciel liquide”, s’amuse la directrice du golf. “C’est un tir de foi, pas seulement de force.”

Quand la station change d’époque

Le virage s’est fait sans brutalité mais avec ambition: allonger la saison, diversifier l’offre, garder les commerces vivants quand les spatules rangent les carres. “On voulait rester une station de montagne, pas un musée de la neige,” explique le directeur de l’office, doudoune légère et carnet de notes. “Le golf a apporté des emplois, un autre rythme, et une clientèle qui regarde la montagne avec des yeux neufs.”

L’expérience sur place

Le matin, l’air est cristal, la lumière mord les sommets, et la balle file comme une idée qui trouve sa ligne. On réserve son créneau sur l’appli de la station, on récupère un sac de location si besoin, puis on embarque dans une cabine qui pose au départ du 1. En route, quelques tables en bois accueillent cafés noirs et viennoiseries blondes. À midi, on déjeune d’une polenta crémeuse, ou d’un fromage affiné dans les alpages qu’on vient de longer. À l’automne, un “swing & ski” réunit matin fairways, après-midi glacier: deux plaisirs, même soif de lumière.

Un terrain exigeant mais joueur

Ici, l’altitude allonge les coups, mais le relief réclame du toucher. Les doglegs se faufilent, les pentes rendent, le vent s’invite sans prévenir et les greens, fermes mais loyaux, posent des énigmes élégantes. “Jouez une canne de moins, choisissez une cible haute, et acceptez le rebond,” conseille un pro, regard sur la lèvre du bunker. Le par global — 70 au compteur — n’est qu’un prétexte: le vrai jeu consiste à apprivoiser la ligne et le silence.

Une vision durable, pas un gadget

Le parcours s’inscrit dans un paysage vécu: vaches en transhumance, sentiers patinés, cours d’eau qui chuchotent. L’arrosage puise dans des réserves de fonte, distribuées en goutte-à-goutte nocturne. Les herbages restent mixtes, fauchés tard pour laisser monter la flore; des corridors pour marmottes et lézards traversent les roughs; les cabines tournent à l’électricité verte. “On a inversé la logique,” dit la responsable environnement. “Le golf s’adapte au milieu, pas l’inverse. On écoute, puis on trace.”

Conseils de jeu et de séjour

  • Arrivez tôt: air plus dense, fairways plus dociles, et lumière à tomber. Prévoyez une couche chaude et une casquette bien sage: au soleil comme au vent, la météo change vite. Réservez vos départs et vos cours (une académie de pros tourne tout l’été), et testez le practice avec cibles flottantes quand le lac est d’humeur joueur. Sans voiture, on circule en navettes électriques; du vallon jusqu’au club-house, tout se fait en quelques minutes.

Pour qui, pourquoi

Les puristes viennent pour le dessin, les novices pour la vue, les familles pour la promesse d’une journée souple qui alterne balle et balade. Les restaurateurs, eux, voient une nouvelle heure creuse se remplir de rires, de verres qui tintent, de récits de birdies arrachés à un green farceur. “On ne calcule plus seulement les centimètres de fraîche,” sourit une cheffe de salle, “on compte les mètres gagnés au drive.”

À retenir avant de monter

La saison s’ouvre dès la fonte, se ferme aux premières gelées. Les réservations s’anticipent les week-ends de juillet, mais l’après-midi de semaine reste doux, presque privé. Les clubs se louent, les chaussures aussi, et l’on troque volontiers la peur de la moquette pour l’envie d’un rough qui sent le foin. Là-haut, jouer devient une manière de tenir la montagne dans ses mains — légère comme une balle, dense comme une idée qui ne vous lâchera plus.

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.