Les Cyclades font rêver, mais la bousculade et les tarifs ont parfois raison de l’envie. Cet été, une autre île grecque attire les regards avec un charme plus doux, des plages plus larges, et des prix qui font enfin souffler le portefeuille. Les voyageurs y trouvent la même lumière blanche et bleue, sans la même pression touristique.
Son nom circule de bouche à oreille, dans les cafés de Chora comme sur les ponts des ferries. Ici, on croise des familles heureuses, des couples curieux, des randonneurs sereins et des épicuriens qui prennent le temps. « On a enfin retrouvé le silence de la mer », glisse un voyageur, les doigts encore salés de son premier plouf du matin.
La douceur sans la foule
À Naxos, l’ambiance reste locale, même en plein été. Les ruelles blanches sentent le basilic, les terrasses débordent de rire, et les couchers de soleil s’apprécient sans jouer des coudes. On marche, on pédale, on nage, on respire.
La capitale, appelée Chora, offre une forteresse vénitienne perchée et des venelles ombragées où l’on se perd avec un vrai plaisir. « C’est la Grèce qu’on imaginait, simple et généreuse », dit une hôtelière au sourire franc.
Plages et villages à taille humaine
Les plages d’Agios Prokopios, Plaka ou Mikri Vigla sont de longues ribbons dorées bordées d’une eau transparente. Le sable est doux, les tavernes à quelques pas, et le parasol ne coûte pas une fortune.
À l’intérieur, des villages accrochés à la montagne — Filoti, Halki, Apeiranthos — préservent des gestes anciens. On y boit du kitron parfumé, on goûte du fromage arseniko, on discute sous un platane centenaire.
Un budget qui respire
Côté dépenses, la différence se sent dès la réservation. Une jolie pension familiale se trouve souvent entre 70 et 110 euros la nuit en haute saison, quand une adresse équivalente sur l’île star dépasse largement les 250 à 350 euros.
Le dîner reste raisonnable: salade tomatée à 8 euros, poulpe grillé autour de 14 euros, verre de vin à 4 ou 5 euros, et deux transats pour la journée à un tarif encore doux. « Je n’ai jamais mangé mieux pour ce prix », s’étonne un Parisien, ravi devant ses mezzés.
Quand partir et comment arriver
Mai, juin et septembre sont idéaux pour la météo et la quiétude. Juillet et août restent agréables, avec un meltem qui rafraîchit l’après-midi, et des plages assez grandes pour chacun.
On arrive en ferry depuis Athènes en 4 à 6 heures selon la traversée, ou en vol intérieur d’environ 45 minutes. Le port est central, le bus public fiable, et la location de scooter pratique pour rayonner sans stress.
Où dormir, quoi goûter
Près de Plaka, on trouve des studios à deux pas du sable, souvent avec petite cuisine et terrasse citronnée pour les petits-déjeuners tardifs. À Chora, de vieux logis rénovés offrent pierres fraîches, draps en coton lavé et toits avec vue dorée.
À table, on commande du poisson du jour, des tomates sucrées, de la fava, des loukoumades au miel local. Un café frappé à midi, un spritz au coucher, et la soirée prend cette lenteur heureuse qui fait aimer les îles.
Trois jours bien remplis
- Jour 1: Portara au lever du jour, baignade à Agios Prokopios, sieste longue, dîner de mezzés face à la mer.
- Jour 2: Route vers Halki et Apeiranthos, dégustation de kitron, balade au Temple de Déméter, coucher rouge sur la colline.
- Jour 3: Marche légère vers le mont Zas, après-midi kite à Mikri Vigla, bateau au crépuscule le long de la côte.
Expériences à ne pas manquer
Une matinée au marché pour serrer des mains rieuses et choisir des abricots encore tièdes. Une leçon de cuisine improvisée avec la patronne d’une taverne, qui confie sa recette d’aubergines à l’ail. Un atelier de poterie dans un village où le temps se met en pause.
Le soir, un concert de laouto sur une placette blanche, du vent dans les drapeaux, et des enfants qui dansent jusqu’à oublier l’heure. « Ici, on dépense moins et on vit plus », sourit un musicien, rangeant son instrument sous les étoiles.
Conseils futés
Réservez tôt les traversées, mais gardez un brin de souplesse pour suivre la météo et l’humeur de la mer. Privilégiez les logements simples, propres et bien placés, plutôt qu’un hôtel clinquant loin de tout.
Pensez aux villages de l’intérieur pour une nuit ou deux, histoire d’écouter les cigales et de voir les nuages glisser sur les sommets argentés. Et marchez le long des plages jusqu’à trouver votre coin de silence: à Naxos, la beauté aime rester un peu secrète, et c’est peut-être là son plus beau luxe.