Au cœur du Penthièvre, un sommet modeste se hisse au rang d’icône pour les amoureux de l’horizon : le mont Bel-Air. À seulement 339 m, il déploie un panorama immense, où la campagne roule jusqu’au bleu de la mer. Le chemin qui y mène conjugue héritage ancien, landes discrètes et pierres légendaires, pour une échappée simple et lumineuse.
Un sommet modeste, un panorama grandiose
Ici, la lumière fait tout le spectacle, jouant sur la chaîne du Mené et ses crêtes douces. Par temps clair, la ligne maritime se devine au-delà des clochers, jusqu’à l’élancement de la tour Saint-Jean de Lamballe. Le « toit des Côtes-d’Armor » tient sa promesse, avec une vue qui embrasse bocages, vallons et un infini azur.
Un départ patrimonial à Trébry
Le tracé s’élance face à la mairie et hume d’emblée l’âme des lieux, avec l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul toute proche. Ses pierres racontent le XVIIe siècle et gardent des statues anciennes, silhouettes sages d’une foi rurale. Le bourg met en scène un paysage de vieilles maisons, de granit et de ruelles paisibles.
Par monts, chemins et tertres
Après l’Hermitage et le Rocher, la campagne s’ouvre vers Duault et le tertre de la Béziais. Les talus ourlent des chemins de bocage, où les haies dessinent une géométrie verte. Le sentier du Mergier amorce l’ascension, régulière et douce, avec ce souffle de lande qui porte déjà l’odeur du haut.
Au sommet, Notre-Dame-du-Mont-Carmel
À 339 m, la chapelle octogonale de Notre-Dame-du-Mont-Carmel couronne la colline comme une rose des vents. Huit allées, telles des rayons solaires, convergent vers l’édifice veillant un point géodésique discret. De vieux cultes, entre Belen et Belenos, murmurent encore sous les jeunes arbres que les tempêtes ont laissés en garde.
Autour, des chemins de randonnée et de VTT tracent leurs rubans dans la verdure ondoyante. Le col a vu passer Bernard Hinault, et plus tard le Tour de France, ajoutant au site une vibration de légende sportive.
Sur la voie romaine et les collines du Mené
Une ancienne voie romaine prend le relais, rectiligne sur 3,5 km, fidèle aux crêtes pour économiser le pas. Les points hauts s’enchaînent, et le hameau de Saint-Mieux ponctue la ligne de ses pierres paisibles. Puis la chaîne du Mené s’abaisse, livrant les tertres de Bossou et de Quinio, cœurs granitiques résistants aux morsures du temps.
Escapades et curiosités
Un peu à l’écart, la chapelle Saint-Maudez veille avec sa fontaine et son calvaire. Le saint y est honoré pour des vertus de guérison, et l’on se souvient d’antiques rituels où des clous finissaient dans l’eau, en signe d’espérance. Plus loin, le dolmen du Cas Rouge, « autel des fées » pour certains, repose comme une table de mémoire préhistorique.
Le tertre Loyo offre une échappée belle sur le Penthièvre, avant le vallon de la Ville Oriac. Le village de la Ville-Ain, avec ses ruelles étroites et ses façades de pierre, conserve ce grain d’authenticité qui fait vibrer la marche.
« Sur ces hauteurs modestes, la Bretagne n’élève pas seulement le regard : elle élargit le cœur. »
Infos clés
- Difficulté : moyenne pour un public habitué aux sorties nature.
- Durée et distance : environ 4 h pour près de 14,5 km de paysages variés.
- Balisage : jaune complété par des panneaux indicateurs.
- Départ : parking face à la mairie de Trébry.
- Ressources : topo-guide « Balades et Randonnées » disponible dans les bureaux d’infos de Pléneuf-Val-André, Erquy, Lamballe-Armor, Moncontour et Jugon-les-Lacs.
- Office de tourisme : 1, rue de Bel-Orient, 22 510 Moncontour.
Esprit des lieux
Le mont Bel-Air n’a rien d’un géant, et pourtant il impose une vraie souveraineté sensorielle. Le regard y glisse sans heurt, du dentelé des haies jusqu’au lointain océan, dans une continuité apaisante. Entre vestiges celtiques, sentiers romains et chapelles rurales, le temps compose un récit simple et profond.
S’y rendre, c’est choisir une Bretagne de subtilité, loin des falaises tonitruantes, au plus près des terres qui respirent. On en redescend avec une boussole intérieure retrempée, et l’envie sourde de recommencer à suivre ces crêtes qui conduisent, sans effort, à l’essentiel.
