Bis-tan-claque, bis-tan-claque… se fait entendre à chaque recoin. Imaginez que nous sommes au XIXe siècle. Lyon s’éveille au bis-tan-claque des métiers à tisser, lorsque les canuts (ouvriers de la soie) de la colline Croix-Rousse arrachent les machines et la navette, avec le mécanisme de métal et de bois, devient l’orchestre quotidien lyonnais. Au crépuscule, les gens se ruent vers le Grand Café de Paris. Le cinéma naît grâce aux frères Lumière, originaires de Lyon, qui présentent La Sortie des ouvriers de l’usine.
Cet agréable frémissement qui se propage lorsqu’on entre dans une ville inconnue est l’une des émotions les plus authentiques du voyage. Par exemple, pendant ces 48 heures à Lyon, ville qui ne se contente pas de ne pas décevoir, mais dont le fameux « comment n’étais-je pas venu avant ? » sera une constante au cours de l’exploration, et qui, si elle fut considérée comme la capitale française de la soie entre les XVIe et XIXe siècles, est aujourd’hui la capitale gastronomique de la France.
Deux beaux fleuves, le Rhône et la Saône, et trois collines avec leur surnom particulier donnent forme à la cité: la colline Fourvière (là où l’on prie) renferme une partie importante du patrimoine architectural et culturel de la ville, tandis que celle de la Croix-Rousse (là où l’on travaille) abritait les canuts. À la Duchère, la plus moderne, se trouvent en partie des bâtiments de construction sociale. Quant aux rivières, le Rhône coule à l’est de Lyon et ses rives abritent les quartiers les plus modernes, tandis que la Saône le fait à l’ouest et encadre le vieux quartier.
48 heures à Lyon
Le nom attribué au Musée des Confluences dans le quartier éponyme ne renvoie pas seulement au point exact où confluent les deux fleuves lyonnais, mais aussi à la confluence de musées dédiés aux sciences et à l’anthropologie que renferme le magnifique bâtiment, œuvre du studio Coop Himmelb(I)au, dont l’architecte et fondateur principal est Wolf D. Prix.
Depuis la terrasse, vous contemplerez le confluent des rivières pour ensuite embarquer sur le Navigône, service public fluvial, qui accueille aussi bien des citoyens que des visiteurs, car son voyage à travers le cœur du périmètre de Lyon, patrimoine de l’Humanité, est indispensable. Nous descendons à l’arrêt Saint-Paul pour prendre le funiculaire qui mène à la basilique Notre-Dame de Fourvière, œuvre de l’architecte Pierre Bossan en 1872, dont l’extérieur néogothique et l’emplacement rappellent le Sacré-Cœur de Paris. Cependant, en franchissant son seuil, on retient son souffle en découvrant le déploiement d’ornementation de styles romain, byzantin et gothique. Pour cela, ils ont utilisé des marbres de Carrara, des mosaïques dorées et des vitraux d’une opulence marquée.