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Moins touristique que Saint-Tropez et plus authentique que Cassis : cette station varoise fait tourner les têtes

Sur la côte varoise, une petite ville aux façades pastel et aux ruelles fleuries attire depuis peu les amoureux de mer et d’authenticité. Loin du bling-bling tapageur, on y cultive une douceur singulière, faite de gestes simples et de rituels maritimes. Ici, les vacances riment avec lumière délicate, cuisine ensoleillée et rencontres sans chichis. Cette station, c’est Sanary-sur-Mer, un port à taille humaine qui fait chavirer les cœurs.

Un port qui bat au rythme des pointus

Dès l’aube, le quai s’anime de pointus impeccablement vernis, ces bateaux de pêche aux coques colorées. Les paniers de poissons encore frétillants s’ouvrent près des terrasses, pendant que les cloches de l’église marquent l’heure bleue. On marche au pas lent, bercé par l’odeur d’iode et de café torréfié.

“Le matin, tout se joue à l’œil et au vent”, sourit Alain, pêcheur depuis trente ans. “Ici, on ne joue pas la Méditerranée, on la vit.” Au fil des amarres, on remarque les noms peints à la main, les cordages torsadés, les pavillons qui claquent comme de petites promesses.

Un art de vivre provençal sans caricature

Au marché, les couleurs crient soleil: tomates côtelées, figues confites, bottes de fenouil et anchoïade à la cuillère. Élu “plus beau marché de France” en 2018, ce rendez-vous donne la mesure d’une ville qui refuse la posture. On joue aux boules sous les platanes, on commente la pêche du jour, on s’assoit pour une limonade ou un pastis bien frais.

L’après-midi, cap sur la Tour Romane et le musée Frédéric-Dumas, où l’on découvre les pionniers de la plongée que furent Cousteau, Dumas et Taillez. Les vitrines racontent des histoires de fonds marins, de scaphandres légendaires, de curiosité humaine sans fin. Dans l’église Saint-Nazaire, les mosaïques néo-byzantines allument des reflets dorés sur les bancs en bois.

Plages intimes et sentiers iodés

À quelques minutes du port, la plage de Portissol déroule son croissant de sable protégé du vent. Plus loin, Beaucours dévoile ses galets blonds, parfaits pour un bain de fin d’après-midi. On emprunte le sentier littoral, accroché à la roche, pour des vues qui mordent la mer et le maquis parfumé.

Quand le soleil se couche, la lumière rase les façades ocres et l’eau se teinte de cuivre. On s’arrête, on respire, on se promet de revenir avec de bons amis et du temps devant soi.

À ne pas manquer

  • Le marché provençal du mercredi, un festival de couleurs et de voix
  • Le musée Frédéric-Dumas dans la Tour Romane
  • Un coucher de soleil à Portissol, verre de rosé à la main
  • Une partie de pétanque à l’ombre des platanes
  • Une sortie en mer pour longer la côte et ses criques secrètes

Entre mer et vignes, une table qui chante

À table, Sanary parle franc: poissons du jour, bouillabaisse familiale, filets de daurade à l’estragon. Les chefs soignent les cuissons, jouent l’anchoïade, la fleur de courgette, l’huile locale fruitée. “Notre luxe, c’est le produit juste et la cuisson précise”, confie Lina, cheffe d’une adresse confidentielle du port.

Dans les verres, l’appellation Bandol voisine fait merveille: rosés aux épices fines, rouges de mourvèdre qui sentent le cuir et la garrigue. Avec un loup à la braise ou une seiche à la plancha, l’accord est d’une évidence lumineuse.

Quand y aller et comment s’y poser

Le meilleur moment, c’est le printemps pour ses mimosas et l’automne pour ses eaux encore tièdes. En juin ou en septembre, on profite de nuits douces, de tables plus disponibles, d’un port qui respire à pleins poumons. Juillet-août restent vivants, mais l’âme du lieu se goûte mieux hors pointe.

On arrive en TER à la gare d’Ollioules–Sanary, puis en bus ou à pied jusqu’au port. En voiture, anticipez le stationnement: parkings en entrée de ville et navettes pratiques. Côté hébergements, pensez aux maisons d’hôtes avec patio ombragé, aux petits hôtels de caractère, parfois posés juste au bord de l’eau.

Le soir, la promenade s’illumine de guirlandes chaudes, les pointus se mirent dans le noir satiné du bassin, et la rumeur retombe en murmures. On repart de Sanary-sur-Mer avec du sel sur la peau, un panier de saveurs et la certitude d’avoir effleuré une Méditerranée vraie, vibrante et fidèle à elle-même. “On vient pour la mer,” dit une habituée, “on reste pour la mesure.” Et l’on sait déjà qu’on reviendra pour cette parenthèse rare, tenue à juste distance de l’agitation.

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.