Image placeholder

MANGE ! avec Victoria Martín | Traveler

Lorsque nous arrivons à Naoki, un petit restaurant japonais à Rivas Vaciamadrid, nous comprenons que nous entrons sur le territoire de Victoria Martín. Et, effectivement, au moment où elle apparaît dans la salle — et elle s’étonne de la production, affirmant que « cela ressemblait à un tournage presque de série » — nous remarquons que l’énergie de l’espace change. Il y a quelque chose dans sa manière de se mouvoir entre le scepticisme et l’ironie, qui annonce ce qui va suivre : des répliques affûtées, un humour sans filtre et un charisme qui attire.

Elle a écrit, réalisé et présente désormais Se tiene que morir mucha gente (sortie le 21 mai sur Movistar Plus+), une histoire avec une distribution de rêve comprenant Anna Castillo, Macarena García, Laura Weissmahr et Sofía Otero, qui a muté tant de fois que Victoria elle-même ces dernières années: du scénario au roman, du roman à la série. Et dans cette traversée, comme dans presque tout ce qu’elle fait, il y a plus de vérité que de pose.

Uramakis en Naoki

Victoria a toujours écrit et, d’ailleurs, elle a étudié le scénarisation du cinéma et de la télévision, mais elle reconnaît que s’attaquer à un roman l’a totalement sortie de sa zone de confort: « C’est un code tout à fait différent », explique-t-elle. Tout a commencé avec une idée conçue pour une série en 2019 qui s’est finalement transformée en livre par pure faisabilité: « l’investissement est moindre, il est plus facile d’obtenir leur confiance ». Finalement, elle est revenue à sa forme originale: la fiction audiovisuelle. Et le format n’est pas la seule chose qui a changé; sept ans plus tard, les personnages ont aussi changé avec elle. Ils ont grandi, se sont complexifiés, se sont parés de nuances.

Pour ceux qui arrivent à l’histoire depuis le livre, Victoria promet des surprises: cela fonctionne comme référence, mais pas comme carte. La seule chose qu’elle a proposée de ne pas toucher était le ton, bien qu’elle reconnaisse s’être autorisée à s’écarter dans l’adaptation, en incorporant de nouvelles intrigues et en en laissant d’autres de côté. « Je ne suis plus la même personne », admet-elle, et cette évolution se reflète aussi dans ce qu’elle raconte. S’il y a une demande, celle-ci est faite sans ironie: regardez la série.

Se tiene que morir mucha gente suit quatre amieS confrontées à une vie qui ne ressemble en rien à celle qu’elles avaient imaginée. Leurs personnages ne cherchent pas à être exemplaires; ils présentent des contradictions. « Personne n’est la féministe parfaite ni la meilleure amie », souligne-t-elle. Et c’est là où la série trouve l’un de ses plus grands mérites: fuir les figures modèles, montrer que les conflits internes ne te transforment pas automatiquement en quelqu’un de meilleur et que la santé mentale peut coexister avec des comportements discutables. En définitive, que les nuances de gris existent non seulement, mais dominent le paysage.

Pierre Le Blanc

Pierre Le Blanc

Je suis Pierre Le Blanc, passionné de voyage, de nature et de découvertes locales. À travers Tourisme Le Blanc, je partage ma vision d’un tourisme authentique et respectueux. J’aime raconter les lieux, les gens et les émotions qui rendent chaque destination unique.